July 2011
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“L’écho de ses pas raisonna dans sa tête. La nuit, son mutisme, et les murs en friche empêchaient les sons graves de son coeur de briser le silence. Ses yeux à l’affût n’avaient jamais de repos, et chaque muscle de son corps extrêmement tendu payait le prix de la douleur à la survie. La sueur froide qui coulait le long de sa nuque était son seul repère à la réalité. Chaque souffle était un délicieux supplice. Chaque pas dans le noir appelait l’oubli. Chaque lumière de la ville abandonnée le ramenait à sa folie. Vingt ans. Peut-être plus, ou moins? Qu’importe, maintenant tout son être puait la peur. Car sa raison s’était enfuie, elle errait quelque part dans ce gigantesque cimetière de béton. Cet homme l’avait sacrifiée pour une trêve dans cette prison de ciment.
L’effort coûta presque toutes les forces de ses vieux os. Qu’importe, puisqu’il ne descendrait jamais cet escalier infernal. Qu’importe maintenant qu’il contemplait à nouveau le ciel dans son entier, chargé de nuages électriques, il n’était enfin plus caché par ces parasites carrés. L’homme eût une sensation de dégoût qui fit trembler tout son corps de façon spasmodique quand il posa les yeux sur cette excroissance de goudron, cette tumeur qui rongeait le paysage. Mais la nature reprenait ses droits d’une poigne ferme et lente. Il distingua la végétation pourrie qui effritait petit à petit les murs oubliés.
Il était le dernier. Le dernier de ce peuple de fous qui avaient osé poser cette gangue de poussière grise. Tous avaient fui. Ailleurs. Laissant derrière eux les excréments de leur mégalomanie.
Au dessus de cette perspective gigantesque, monstrueuse, tous les pores de sa peau aspiraient à ce vide. Le court envol désespéré pour l’oubli final, triomphant de la faiblesse humaine. “
Oui. Bon. C’est un texte qui date d’environ dix ans. Oui c’est du recyclage. (Mais le recyclage, c’est bien, non?) J’étais fan de ces ambiances post-apocalyptiques. Et en attendant de me remettre de mon semestre, de ma crève (et d’une année en plus au compteur), je trie. Et trier, ben, ça veut un peu dire se replonger dans ses souvenirs…